26/08/2010

Expulsion des roms par la France, position des socialistes et des démocrates au PE.

La colère suscitée par l'expulsion de France de près de 1000 Roms et l'embarras qu'elle provoque dans l'UE pour le gouvernement Sarkozy ont incité les eurodéputés socialistes et démocrates à demander des explications à la Commission européenne et au Conseil des ministres de l'UE.

 

Le groupe des progressistes au Parlement européen, fort de ses 184 élus, accuse la France d'avoir enfreint les règles européennes sur la libre circulation des personnes et cite en appui des dispositions européennes. Le groupe demande un débat pour la prochaine session du Parlement européen à Strasbourg.

 

Le chef de file des socialistes et des démocrates, Martin Schulz condamne l'inertie de la Commission européenne. Il lui reproche de ne pas avoir réagi au plan d'action en faveur des Roms approuvé par le Parlement européen en mars dernier. Le plan d'action prévoyait le développement d'une stratégie européenne en faveur des Roms et des mesures pour favoriser leur intégration dans la société.

 

"Le traitement subi récemment en France par le peuple Roms est révoltant et ne peut pas rester dans l'indifférence. Leurs droits ont été bafoués pour des raisons populistes et électorales par un gouvernement en perte de vitesse", déclare Martin Schulz.

 

"Le pays qui nous a donné la liberté, l'égalité et la fraternité s'est engagée sur une voie différente et dangereuse.

 

Il y a entre 10 et 12 millions de Roms en Europe, qui vivent dans une extrême pauvreté. Leur problème est européen. Nous sommes mobilisés sur cette question depuis des années. Le Parlement européen a soutenu il y a cinq mois notre demande en faveur d'une stratégie européenne pour les Roms mais la Commission et le Conseil n'ont pas bougé.

 

Ces deux institutions doivent expliquer pourquoi elles n'ont rien fait. Les scènes que nous avons vues récemment en France ne doivent plus se répéter", souligne M. Schulz.

 

Le groupe S&D se réfère à la directive 38/2004 relative aux droits des citoyens européens de se déplacer librement sur le territoire de l'UE, pour dénoncer les infractions de la France. Il ajoute que le fait d'obliger les expulsés à donner leurs empreintes digitales comme l'indiquent certains rapports, constituerait une nouvelle infraction, particulièrement de l'article 21.1 et 2 de la charte des droits fondamentaux de l'UE et des directives 38/2004 et 43/2000.

 

roms crs.jpg

 

"L'UE interdit toute discrimination fondée sur l'origine ethnique ou la nationalité comme principe fondamental", rappelle M. Schulz.

 

"Cette interdiction fait partie intégrante de l'ADN de l'UE, de son identité en tant que Communauté de valeurs comme le définit la Charte des droits fondamentaux. Depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, cette charte est juridiquement contraignante.

 

Le Parlement européen utilisera toutes ses prérogatives pour défendre et promouvoir la Charte et prévenir les violations des droits des citoyens", conclut Martin Schulz.

MS SetD.jpg

17:50 Écrit par Joël dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.